David Affagard
ArtisteDétails
| Prénom | David |
| Nom de famille | Affagard |
| Pseudo |
Biographie
| Démarche artistique |
Mon sujet est la forme humaine, les relations entre l’intelligence, l’émotion et le corps. Je pratique le modèle vivant au quotidien. Tout me rapporte à l’humain. Tout ce qui est , est soumis à la trace humaine, la trace de notre regard. La perspective est le premier rapport de l’individu au monde, la perspective est le monde. En figuration humaine, la perspective classique se fait usuellement oublier. Pour deux raisons : elle est complexe à priori, et elle est souvent devancée par l’émotion. Pourtant en figure humaine, c’est bien la perspective, quelque soit le filtre optique, qui en compose la réalité. Nous sommes familiers de la perspective classique redécouverte à la Renaissance, mais aussi de la perspective moyenâgeuse fondée sur l’ordre divin ou de la perspective déconstruite de Picasso créée avec les Demoiselles d’Avignon ou encore de la perspective de Francis Bacon qui « incarne » le corps. Une perspective est intègre sur l’ensemble d’une œuvre, d’une culture ou d’un mouvement, et elle est réutilisable comme un filtre qui compose. Des artistes comme Vincent Van Gogh, Egon Schiele, Francis Bacon, Frida Kahlo, Willem De Kooning ou actuellement Jenny Saville ont composé de nouvelles perspectives du corps et chacun a ouvert une nouvelle réalité des corps. Les perspectives conceptuelles contemporaines sont plus floues, intellectuelles par nature, mais elles ont leur réalité et leur légitimité. Chercher sa perspective peut sembler prétentieux…, mais bon, j’y vais. Mon questionnement est centré sur la trilogie « Intelligence, Émotion, Corps ». J’ai travaillé en 2020 une série baptisée « An own gender inside », en français, « Chacun porte un genre unique », un travail sur le rapport entre le corps, l’esprit et le genre, celui que chacun porte intérieurement en lui ou en elle. Le genre est une carte graduée continue d’une infinité de points dans les espaces clos des corps humains et sociaux, un genre d’ADN. Le féminin et le masculin sont deux masses singulières dont les inerties font balloter l’individu et son corps dans des courbes chaotiques et gracieuses. Depuis 2023, j’entreprends un travail sur la colonisation des corps. Je me suis d’abord interrogé sur le lien entre l’impérialisme et le féminin. J’ai concrétisé cette réflexion par une série baptisée « Amazon bruises » (Les meurtrissures de l’Amazone). Il s’agit de la représentation de femmes meurtries par l’impérialisme masculin, des femmes qui se rebellent. Je peins sur des feuilles de bois de Massaranduba récupérées d’un rebus. Le Massaranduba est un bois rouge du Nordeste au Brésil exploité sauvagement. Celui que j’ai récupéré était initialement destiné au maquettisme sans aucun label de gestion durable des forêts. En utilisant ce bois comme support de mes œuvres, je mets en évidence le lien causal entre la colonisation des territoires et la colonisation des corps. Je travaille actuellement sur une nouvelle série de la colonisation des corps qui implique des personnalités célèbres pour leur pouvoir et les abus que ce pouvoir leur « autorise ». Le nu est une récurrence dans mon travail. Je peins notre corps nu car il est la dernière arme qu’il nous reste, la seule barrière à notre intégrité lorsque tout nous a été pris.
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